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Les distributeurs de nourriture, de médicaments et de matériaux de construction reconfigurent leurs itinéraires de transport pour contourner l’augmentation du prix du pétrole


Le  mercredi 23 juillet 2008

Des possibles acquisitions de voitures électriques, le redimensionnement de la flotte et l’optimisation des itinéraires de livraison sont devenus des mots de base de la stratégie adoptée par les distributeurs de médicaments, matériaux de construction, mais aussi des biens de consommation, dans la lutte contre l’augmentation des prix du carburant, dans des conditions où les budgets de carburant ont déjà été dépassés jusqu’à 15%.

A ceci, on rajoute l’infrastructure de faible qualité qui détermine une augmentation de la consommation de carburant et donc met plus de pression sur les coûts des distributeurs.

« Dans les 5 premiers mois de l’année 2008, nous avons une augmentation des coûts de carburant de 11,29% par rapport au budget. Nous ne pouvons pas estimer l’augmentation jusqu’à la fin de l’année parce que nous ne connaissons ni l’évolution des fluctuations du prix du combustible et ni les modifications du parc automobile », dit Florin Kubinschi, directeur financier (CFO) d’une des plus grandes sociétés de distribution de biens de consommation, Interbrands Distribution. La flotte se compose de 1.071 voitures, et l’augmentation du coût du carburant a été de 17,28% supérieure en début d’année par rapport à la même période l’année dernière, soit environ 2 millions de dollars pour les cinq premiers mois de l’année.

"Pour éviter les effets négatifs de l’augmentation des coûts des carburants, on a installé des appareils GPS sur les véhicules de livraisons, afin d’optimiser les itinéraires et de réduire la consommation de carburant, par la suite, nous allons la généraliser à l’ensemble de la flotte. Aussi, nous essayons d’analyser la possibilité d’acheter des véhicules électriques et mixtes (gaz-électrique) ", explique le représentant d’Interbrands.

Du coté de la distribution de matériaux de construction, les budgets de carburant ont été augmentés en moyenne de 15% et le pourcentage pourrait être plus élevé jusqu’à la fin de l’année si le rythme de croissance des produits pétroliers se maintient.

"Pour contrecarrer les effets de l’augmentation, une tentative de réduction de la consommation de carburant est mise en place, en optimisant l’efficacité des voies de transport et même le renouvellement de la flotte automobile", affirment les représentants Dedeman, qui ont également déclaré que la part des coûts des carburants dans le coût total a augmenté au cours des six premiers mois de l’année de 20% par rapport à la même période de 2007, mais qu’elle représente 1% des coûts totaux.

Certains acteurs du marché, tels que ceux dans le segment de la distribution de médicaments, sont confrontés à des problèmes découlant de particularités de cette activité.

« L’augmentation des coûts du carburant représentent une véritable réelle de l’entreprise avec un impact sur les bénéfices opérationnels, en particulier dans une entreprise de distribution, comme c’est le cas de A & D Pharma (Mediplus). Et dans le domaine de la distribution pharmaceutique, il y a certaines caractéristiques qui la rendent encore plus sensible à ces croissances. La distribution dans le domaine pharmaceutique implique une grande flexibilité aux demandes de clients (pharmacies, hôpitaux), qui ne peuvent planifier ou prévoir toujours le besoin de médicaments, qui apparaît souvent dans des situations d’urgence », a indiqué Robert Popescu, chef de l’exploitation chez Mediplus Wholesale, la distribution d’A&D Pharma, le plus gros joueur dans le marché pharmaceutique.

Comme dans le cas des autres catégories de distributeurs, l’industrie pharmaceutique a commencé à réfléchir à des stratégies afin que les prévisions au début de l’année soient respectées autant que possible.

"Pour prévenir les problèmes résultant de l’augmentation des coûts du carburant, mais aussi pour préserver la flexibilité des livraisons, dans le service logistique de A & D Pharma on travaille à la réoptimisation des itinéraires de livraison, à la fois en ville, ainsi qu’en zone rurale. Ce processus implique une nouvelle division des domaines de livraison, un calendrier de livraison qui change, mais aussi une meilleure connexion avec les clients, que nous aiderons à prévoir les stocks. Nous espérons que ces changements nous aiderons, de façon à maintenir les paramètres de contrôler, notamment l’impact de l’augmentation du prix du carburant, et les coûts budgétés à ne pas dépasser cette année », a déclaré Popescu.

Les acteurs du marché affirment que pour l’instant les effets ne sont pas aussi graves que ceux enregistrés sur le marché international, mais si le statu quo sera étendu, l’année prochaine pourrait être un véritable problème aussi bien pour les sociétés, que pour les clients.

"C’est la première année d’activité dans lesquels nous avons dépassé le budget des dépenses en carburant. Du moins, c’est la situation au cours du premier trimestre lorsque nous avons commencé à réfléchir à des stratégies visant à porter la situation à la normale. Jusqu’à présent, nous n’avons pas ressenti les principaux effets de l’appréciation du prix du carburant, mais l’année prochaine pourrait commencer à nous poser des problèmes », explique Dragos George, directeur des opérations chez Top Brands Distribution, le deuxième joueur dans le marché des services de distribution des biens de consommation, qui possède une flotte d’environ 400 voitures.

Selon le représentant de Top Brands, les coûts en carburant représentent une moyenne de 6,5% des dépenses opérationnelles, mais il y a aussi des cas où ces frais peuvent dépasser le niveau de 30%.

"L’année dernière, l’augmentation des coûts de transport générés par l’augmentation du prix du carburant était de l’ordre de 10% et dans certaines conditions, elle est arrivée à représenter plus de 30% du coût total de transport. En Roumanie, les frais de transport sont supérieurs à ceux des pays les plus développés de l’Europe en raison de l’infrastructure qui génère du temps perdu dans la circulation, " explique Andrei Rusu, directeur général de Whiteland Logistics, une entreprise spécialisée dans le stockage et le transport de marchandises à température contrôlée.

Selon le représentant d’A&D Pharma, le maintien de cette situation sur les marchés internationaux serait susceptible de nuire aux services vers les clients.

« Si le rythme de l’augmentation des coûts du carburant demeure dans l’avenir, il est très possible que la souplesse de livraison et des services aux clients soient touchée, en particulier dans les conditions où la pression sur les prix des médicaments est élevée et le taux de change ne reflète pas la réalité du marché », note encore Popescu.

Depuis le début de l’année, les prix du carburant ont augmenté de plus de 20% à la pompe, le gasoil devenant plus cher que l’essence, à cause d’une plus grande consommation de la première catégorie de carburant. Selon les analystes, les transports sont les plus touchés par la hausse des prix du carburant, suivis par des domaines tels que la construction, l’agriculture, l’énergie.

« Toutes les industries qui ont une faible valeur ajoutée vont souffrir parce qu’ils n’auront pas de gain de productivité afin de compenser l’augmentation des coûts du carburant. L’économie de la Roumanie est une des plus touchée par ce phénomène en raison de l’absence de mise en œuvre de nouvelles technologies, mais aussi du manque de bonne gestion », explique Daniel Daianu, euro-parlementaire PNL et ancien ministre des Finances. Selon les informations existantes, l’intensité énergétique sur le marché local est trois fois plus élevé que la moyenne européenne, à savoir pour la réalisation d’une unité de PIB on consomme trois fois plus d’énergie que ce qui est consommé au niveau européen, ce qui signifie implicitement une plus grande consommation de carburant et donc des coûts plus élevés.

Le baril à 200 dollars. C’est tout ?

— # Selon les dernières déclarations faites par les spécialistes du marché, le baril pourrait même atteindre un niveau de 500 dollars.

— # Parmi les effets à grande échelle, un éditorialiste du New York Times fait remarquer la possibilité de ralentissement du processus de la mondialisation comme un résultat de la croissance sans précédent des coûts de transport, en particulier sur mer.

— # Alexeï Miller, chef de Gazprom, a déclaré que bientôt le baril atteindra 250 dollars. L’Europe est dépendant en proportion de 40% du gaz russe et 33% du pétrole de ce pays, selon les données d’Eurostat de 2006.

— # Robert Hirsch, un des plus appréciés des analystes du marché pétrolier a déclaré que, dans les prochains 3 à 5 ans, le baril atteindra 500 dollars.

— # La presse internationale met en garde contre des importants changements des habitudes de consommation de l’ensemble de la population en raison de l’augmentation du pétrole.

— # Comme stratégies d’urgence, International Herald Tribune montre que l’idée d’Air France - KLM de remplacer certains vols par des trains à grande vitesse grâce à un partenariat possible avec un opérateur ferroviaire français.

Pourquoi le baril augmente et comment peut-il diminuer ?

Le baril a récemment manqué le seuil de 150 dollars, avec un arrêt à 146 dollars, mais les spécialistes disent que le pétrole dépassera ce seuil rapidement, la prochaine étape étant les 200 dollars. Le Dollar faible, la situation en Iran, les inquiétudes sur la réduction des réserves et de la production conjuguées à une baisse de la demande de plus en plus grande notamment de la part des pays en développement sont des facteurs qui maintiennent le niveau du pétrole.

La seule chose qui pourrait calmer cette ascension est un signe d’arrêt de la soif de pétrole de la Chine. Les spéculateurs affirment que la demande en provenance de Chine a augmenté artificiellement en particulier avant les Jeux Olympiques à Beijing dans les conditions où à l’échelon local on est passé à la production d’énergie basée sur le pétrole au lieu du charbon pour réduire la pollution. Une autre question est de savoir si la Chine a fait des réserves de carburant gasoil et essence afin d’éviter tout problème. Un autre facteur qui pourrait mettre fin à l’augmentation du baril serait des signaux des États-Unis en termes d’augmentation des réserves de pétrole.


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