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Les derniers "grands coups" avant l’intégration


Le  dimanche 23 juillet 2006

- Source : www.cotidianul.ro, journalistes Mmes. Mihaela RADU et Bety BLAGU / traduction du roumain : Mlle. Daiana COLTAN

- Date : Juin 2006


"L’adhésion enrichira ceux qui ont pensé à investir dans la presse et dans l’agriculture."

Dans quelques mois, l’Union Européenne paiera aux propriétaires fonciers 50 euros par an pour chaque hectare de terrain agricole. Il peut sembler une petite somme, mais pour ceux qui disposent déjà de grandes propriétés foncières, souvent de plus de 20.000 hectares, les bénéfices de l’adhésion se calculent en millions d’euros. Alors que l’investissement initial est très faible, puisque le prix des terrains agricoles est souvent dérisoire en Roumanie.
Dans le domaine de la presse les choses sont légèrement différentes. La formation actuelle de grands groupes de presse laisse néanmoins penser que des mouvements structurels continueront d’avoir lieu même après le 1er Janvier 2007 : des budgets de publicité de plus en plus grands stimuleront les possibles rachats des publications locales par les grands groups occidentaux pour des sommes considérables.

Les médias sont à la chasse des fonds européens

Le premier contact du marché media roumain avec l’Union Européenne signifiera automatiquement une croissance des prix publicitaires et de l’intérêt des investisseurs étrangers.

Après dix ans sans concurrence, l’empire "Media Pro" monté par M. Adrian SARBU a été rejoint par celui de la famille VOICULESCU et celui du financier local Sorin Ovidiu VANTU.

Des affaires géantes

La vitesse à laquelle "Intac" et "Realitatea Media" ont essayé de récupérer l’écart qui les séparait de "Media Pro" a montré les intentions des deux aspirants. Outre le choix offert au public, la croissance rapide des deux holdings crée les prémices d’une concurrence accrue.

"Nous parlons d’enjeux considérables, et l’ouverture du marché avec l’adhésion à l’Union Européenne ouvrira la porte aux possibles grands investisseurs qui sont prêts à ramener en Roumanie des recettes de succès", affirme M. Stefan POPESCU, spécialiste en consultance media et réalisateur de l’émission "People Meter" sur "The Money Channel". Il considère que les acquisitions et les investissements réalisés par les deux challengers de "Media Pro" peuvent avoir comme substrat l’intention de vendre, très profitablement, à un investisseur étranger.

La même intention, mais qui anime "les petits joueurs du marché", n’aura pas le même succès dans la vision du spécialiste. "Une grande vente ne peut être faite que par une entreprise qui a une performance financière, de sorte que ’les petits’ n’aurons pas un aussi grand succès qu’ils l’espèrent", rajoute M. POPESCU.

Les prix augmentent

La seule nouveauté sûrement apportée par l’adhésion au marché européen sera une augmentation considérable des tarifs pratiqués par la presse, notamment dans l’audiovisuel. "Cette chose-là mènera à une civilisation du marché, parce que tout le monde ne pourra pas se permettre d’acheter de l’espace publicitaire, et ceux qui essaierons ne pourrons plus se permettre les quantités actuelles", soutien M. POPESCU. Il pense d’ailleurs que l’effet immédiat et visible, dans le cas des télévisions, sera la baisse sensible de la durée des clips publicitaires, ce qui débouchera sur une croissance de la qualité des programmes et implicitement sur l’augmentation de l’indice d’écoute. "La chaîne ne sera pas négativement affectée sur le plan financier, parce qu’elle enregistrera la même somme qu’actuellement mais pour moins de spots publicitaires que maintenant", pense M. le même analyste.

Il affirme qu’il n’y aura pas d’estimation possible du marché de la publicité pour l’année prochaine, parce que ce-ci dépend de la façon dont les groupes de presse réussiront à s’adapter aux nouvelles conditions du marché : "Seuls les grand trusts vont s’en sortir, et même pour ceux-là tout dépend de l’investissement en marketing qu’il consentiront de faire. De plus, l’adhésion apportera des modifications du comportement des consommateurs, et les media qui arriveront à s’adapter au mieux aux nouvelles conditions auront naturellement le plus à gagner".

Les services pour les étrangers sont de plus en plus attractifs

Les services pour les étrangers représentent le segment du marché le moins abordé jusqu’à présent. L’année dernière, un grand investisseur allemand est venu investir dans une entreprise qui se trouve à l’ouest du pays, mais il a renoncé parce que les futurs employés expatriés n’avaient pas d’école pour leurs enfants, et leurs femmes n’avaient pas des centres commerciaux où faire leurs courses. Le nombre d’expatriés augmentera sûrement après l’adhésion, le flux d’investissements étrangers étant censé d’augmenter. En plus, le rythme des fusions-acquisitions par des groupes occidentaux intéressés par certaines entreprises roumaines va probablement augmenter. Cela signifie qu’il y aura plus d’étrangers avec un niveau de vie élevé en Roumanie, et ces personnes-là ont besoin d’endroits où ils peuvent dépenser leur argent. En conséquence, un investissement sur le segment des services dédiés aux expatriés pourrait signifier une mine d’or dans l’avenir. Il pourra s’agir de compagnies de location de voitures (le concept de "rent-a-car" est très peu développé en Roumanie, étant accessible seulement dans les grandes villes), de garderies et d’écoles en langues étrangères, de centres commerciaux centrés sur les spécificités culturelles des expatriés et d’endroits de loisir haut de gamme tels que les terrains de golf ou les clubs de yacht. Tout cela dépend de la perspicacité de l’investisseur, qui doit savoir dans quelle zone géographique les investissements étrangers seront réalisés avec prépondérence, et qu’est-ce qu’il manque à ces zones là et comment pourrait-on satisfaire au mieux les besoins des consommateurs étrangers. (M.N.)

Internet apportera du profit, mais sans "combines"

Internet est une grande opportunité d’affaires, étant un domaine nouveau et en cours de développement, considère M. Gheorghe SERBAN, le directeur de l’Association Nationale des Fournisseurs d’Internet de Roumaine (ANFIR). "Concernant la création de pages web, le rythme de la croissance est de 20% par an en moyenne. Cependant, nous pouvons voir des croissances de 100% par an, car c’est le domaine le plus accessible et étendu où on peut investir. A différence des domaines classiques, ici il faut apporter des inventions, des nouveautés", soutient le directeur d’ANFIR. Il attire l’attention sur de nombreux succès dans le domaine du web, enregistrés à l’étranger. "Celui qui a eu l’idée de créer ’Yahoo’, a réussit un grand coup. Ce site a aujourd’hui une valeur énorme". Il existe des personnes qui achètent un domaine sur Internet, avec le nom d’une compagnie internationale célèbre et après elles attendent que cette compagnie ouvre une filiale dans le pays respectif, pour leurs vendre le domaine à un prix élevé. "Le problème avec le trafic de noms de domaine c’est que ce n’est pas un modèle d’affaires, mais plutôt un essai de gain facile. Dans la plupart des cas, les instances donnent raisons aux possesseurs de droit du nom, compte tenu de leur notoriété. Vous ne pouvez pas créer un site avec le nom de ’Coca-Cola’ et après dire que c’était votre idée, que ce nom vous est venu tout seul, tout le mode connaît la compagnie respective. Je ne peux pas dire que certaines personnes n’ont pas gagné deux - trois mille euros comme cela, mais ce n’est pas une vraie affaire. Mettre en place des grands sites d’informations qui sont cherchés par des milliers de personnes, cela c’est une bonne idée d’affaires", ajoute M. Gheorghe SERBAN.

Des terrains avec des fonds de l’Union Européenne

Celui qui investit aujourd’hui dans l’agriculture n’aura rien à regretter après l’adhésion. Il y aura beaucoup de ressources pour le développement de ce domaine, et une affaire de succès doit forcément utiliser au maximum les fonds européens.

Les terrains qui se trouvent autour des grandes villes, mais aussi ceux des zones avec un grand potentiel touristique seront de plus en plus recherchés. La tendance de croissance des prix est déjà apparue sur le marché, d’une année à l’autre, les terrains présentant une valorisation croissante et constante. Les prix de vente augmentent chaque jour, d’après les chiffres présentés par le Ministère de l’Agriculture. L’année dernière un hectare de terrain intra-muros a été vendu en moyenne pour 756 millions de lei (21.300 euros), alors qu‘en 2004 le prix a été de 337 millions de lei (9.400 euros). Non seulement les terrains destinés à la construction des maisons ou des bureaux sont très convoités, mais de plus en plus d’investisseurs comprennent que les terrains agricoles peuvent représenter en très peu de temps une très bonne affaire. Comme après l’adhésion une subvention sera accordée pour chaque hectare de terrain agricole, qu’il soit cultivé ou pas, même la possession d’une jachère sera très convenable. De plus en plus d’étrangers sont intéressées par les terrains roumains, pendant dans les dernières années plus de 4.100 personnes d’origine étrangère ayant acheté 25.500 hectares de terrain en Roumanie. Aucune zone ne restera pas inexploitée, car c’est important que le terrain soit utilement exploité et que les cultures soient au mieux adaptées aux régions respectives. Ceux qui se décident d’acheter cette année des terrains agricoles doivent les choisir par rapport à ce qu’ils ont envie d’en faire. Un investissement très indiqué sera l’acquisition d’un terrain qui n’a pas été excessivement exploité, ou qui n’a pas été traité intensivement avec des engrais chimiques. Ainsi, le terrain pourra être utilisé pour les cultures "bio", leur succès étant assuré après l’adhésion. Il existe des domaines où les profits sont quasiment garantis, comme le domaine de la production du lait où les paysans recevront un certain quota même s’ils ont une seule vache. A ce moment-là, les fermiers seront les plus avantagés parce qu’ils auront le droit de produire une certaine quantité de lait, et après l’adhésion ils seront les seuls à pouvoir le commercialiser. Comme 85% de ceux qui bénéficieront du quota ont seulement deux ou trois vaches, ils ne pourront pas faire face à la concurrence et aux demandes de qualité. "Les paysans auront un droit de propriété sur ce quota. Ils pourront le vendre, le louer et même le laisser comme héritage. D’un autre coté, les fermes qui seront mises en place dès l’année prochaine devront acheter leur cota si elles veulent commercialiser le lait", a déclaré Mme. Gabriela PARASCHIV, le directeur de l’Agence Nationale pour l’Amélioration et la Reproduction en Zootechnie.

La lutte pour le quota

Les grandes entreprises qui utilisent le lait comme matière première ont déjà commencé à chercher des fermiers prêts à leurs fournir le lait nécessaire, étant conscientes que bientôt elles vont devoir se battre pour chaque litre de lait, étant donné que le quota obtenu après les négociations avec l’Union Européenne reste très faible par rapport à leurs possibilités de production. "Les compagnies qui utilisent du lait en ont besoin chaque jour, alors que le lait est très périssable et il ne peut donc ni être estoqué ni transporté sur des grandes distances. Le problème est que très probablement dix grandes entreprises couvriront tout le quota", a affirmé M. Valeriu STERIU, le président de l’Association Roumaine du Lait.

L’époque des bonnes affaires dans le domaine immobilier est passée

Quelqu’un qui n’a pas encore profité des bonnes occasions offertes par le domaine immobilier ne le fera plus jamais, même s’il dispose des ressources pour investir et même si l’intégration dans l’Union Européenne est proche. "A partir de maintenant, ceux qui investiront dans les affaires immobilières n’auront plus un énorme profit, mais ils se contenteront d’un investissement sûr avec un degré de rentabilité plus ou moins élevé", affirme M. Emil GIURGIU, le président de la Chambre du Commerce Immobilier de Roumanie (CCIR). Les bonnes affaires ont été enregistrées il y a quelques années, mais aujourd’hui les investissements immobiliers enregistrent un profit en baisse. "Quelqu’un qui n’en a pas profité au moment opportun, quand chaque euro investi se voyait multiplié par 100, sera dans l’impossibilité de refaire de tels coups dans le futur", souligne M. GIURGIU.

Même après l’adhésion à la Union Européenne, les affaires immobilières profitables ne vont pas se dynamiser davantage si la restriction de la vente des terrains aux étrangers, personnes physiques, ne sera pas levée. "En Roumanie, la loi ne permet pas aux étrangers d’acheter des terrains en tant que personnes physiques. S’ils le pouvaient sans cette restriction, les vendeurs, c’est-à-dire les roumains, pourraient être en mesure de manipuler plus d’argent et donc d’avoir plus de pouvoir à investir", a ajouté M. GIURGIU.

D’après le président de la CCIR, cette restriction pour les investisseurs étrangers sera valable encore au moins dix ans. "Après l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne une procédure compliquée sera lancée afin de trouver des accords avec chaque pays membre sur l’élimination de la restriction", affirme M. GIURGIU.

La certification éducationnelle, une affaire indispensable

Les affaires dans l’éducation sont, d’après M. Florin POGONARU, le président de l’Association des Hommes d’Affaires de Roumanie (AOAR), une autre opportunité qui, mise en place dès maintenant, pourrait être très profitable après l’adhésion. "N’importe quelle affaire en training professionnel ou éducationnel ou sur les certifications est très profitable. Les certifications sont une affaire très intéressante parce qu’il n’existera pas d’entreprise à ne pas y faire appel, et il y aura beaucoup d’argent dans cette affaire", croit M. POGONARU.

Le président d’AOAR est lui-même impliqué dans de telles affaires. L’exemple le plus connu est celui des certifications ECDL (EUROPEAN COMPUTER DRIVER LICENCE) pour lesquelles M. POGONARU a acheté la licence pour l’exploiter en Roumanie. "C’est un exemple de certification qui est devenu indispensable pour les fonctionnaires des pays de l’Union Européenne. Mais il y en a beaucoup d’autres qui seront bientôt indispensables pour le monde des affaires. Elles sont, à titre d’exemple, le synonyme de la certification ISO en training", anticipe M. POGONARU.

La vitesse fera la différence

Après l’adhésion, comme le marché sera de plus en plus saturé, seulement ceux qui vont agir vite auront du succès. Les entreprises étrangères ne rateront certainement pas le coup. En plus, si un investisseur roumain achète les licences pour des telles certifications sur le territoire de la Roumaine et les développe ensuite, ce ne sera pas une telle mauvaise idée de revendre l’affaire pour un bon prix à une autre entreprise capable de l’étendre.


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