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Le créneau d’investissement le plus dynamique en Roumanie


Le  lundi 5 avril 2004

par Florin CONSTANTIN

J’essayerai d’élucider en ce qui suit l’épineuse question du MONTANT d’un investissement direct en Roumanie. Je l’avais déjà dit, généralement, pour s’implanter en Roumanie il faut trouver à 100% du capital de source étrangère, car le marché local a du mal à assurer le nécessaire des crédits en capital-risque. En plus, les fonds européens offerts pour encourager le développement économique sont assortis pour leur grande majorité d’une condition de cofinancement du projet (le plus souvent il s’agit d’une remboursement d’une partie du capital investi initialement), mais aussi de conditions quant au domaine d’activité. Ces fonds, du fait de leur spécificités, s’adressent généralement aux entreprises qui fonctionnent déjà sur le marché roumain et dont le rendement est un fait établi. Je suis conscient que tous les plans d’investissement ont des particularismes propres et donc il est difficile de donner des solutions générales à des problèmes très variés par nature. Toutefois, à travers mon expérience dans les relations franco-roumaines, j’ai pu voir se dessiner un créneau plus ou moins précis dans lequel se concentre le poids de la plupart des initiatives francophones en Roumanie. Ce créneau est mobile, c’est-à-dire qu’il évolue en tandem avec la capitalisation du marché roumain : le plus tôt on investit, le moins cher cela coûte. En effet, cette évolution du créneau vers des sommes de plus en plus conséquentes est une fonction complexe, dans laquelle interviennent des paramètres comme : l’occupation de la niche de marché visée par d’autres entrepreneurs (autochtones), l’évolution du standard de qualité demandé par ou imposé (législation, réglementation etc.) au marché etc. Bref, le créneau de l’année 2004 se situe à mon avis entre 100 000 euros et 1 000 000 euros. J’essayerai d’expliquer pourquoi je trouve que ce niveau de capital est le plus porteur à l’heure actuelle par un raisonnement a contrario.

1. Le désavantage d’un capital en dessous de 100 000 euros

- jusqu’à 100 000 euros, les acteurs économiques roumains, ceux qui en pratique connaissent le mieux les opportunités du marché local, ont encore la possibilité de trouver des financements par le biais des crédits "au fonctionnement courant de l’entreprise", car les prix de l’immobilier, surtout dans les grandes villes, tournent autour des 6 chiffres en euros et la constitution de gages n’est pas difficile pour ceux qui disposent déjà d’espaces commerciaux ou de production ;

- il y a de plus en plus de sociétés roumaines ou à capital étranger mais déjà implantées sur place qui se permettent de constituer, dans la limite de montants raisonnables, allant jusqu’à 5 ou 6 chiffres en euros, des capitaux propres pour des investissements à risque (en réalité il s’agit de capitaux "à l’expansion" ou "à la diversification", mais qui comportent des risques, car certains domaines du marché restent assez mutables dans le temps) ;

- la distance géographique entre les deux pays fait que le dirigeant français qui s’implante en Roumanie doit assurer des coûts de déplacement et de communication entre les deux pays qui, en phase du début surtout, peuvent s’avérer conséquents / à cette distance s’ajoute le coût d’une étude de marché avant la création proprement dite, création qui doit être réalisée avec de plus en plus de professionnalisme du fait de la relative complexification du marché (appel à des professionnels du sondage, conseils juridiques, obtention d’informations dans les Chambres de commerce etc.) ;

- la société créée doit être capitalisée un minimum après l’implantation proprement dite pour pouvoir démarrer l’activité (acquisition des stocks, fonds salariaux, période d’amorce des bénéfices) et de ce point de vue il devient de plus en plus difficile de concentrer en 5 chiffres en euros le coût technologique et le coût commercial de l’implantation ;

- il y a des actes législatifs en vigueur qui fixent de manière implicite la somme de 100 000 comme le montant minimum d’un investissement direct sérieux (lois de prévention de l’immigration illégale et illicite concernant certaines nationalités) - les acteurs économiques roumains sont eux aussi de plus en plus attentifs au niveau de capitalisation de leurs clients et/ou fournisseurs et on assiste à un accroissement des payements par chèque de banque certifié.

2. Le problème issu d’un investissement direct au-delà de 1 000 000 euros

- l’argument majeur qui rend moins attractif l’investissement initial direct au-delà de 1 000 000 euros, c’est l’effet de seuil du risque intrinsèque au marché roumain : pour reformuler de manière plus simple, en général, on peut se faire une idée de la faisabilité d’un projet à grande échelle par un essai à l’échelle plus réduite (cela s’explique, notamment dans les services, par le fait que les concurrents potentiels locaux auront du mal à trouver un capital aussi grand pour pouvoir reprendre l’idée à leur compte et parce que le marché à une latence plus élevée qu’en occident à constituer une concurrence conséquente autour d’un concept innovant).

3. L’exception

- l’exception à ce créneau est donnée par la théorie de la "tête de pont" : un investissement inférieur ou dépassant le créneau est envisageable dans la mesure ou l’entrepreneur vise une collaboration active entre l’occident et la Roumanie et dans son pays d’origine il peut assurer de manière certaine au moins une des "têtes de pont" du projet (clientèle, savoir faire, expertise technologique etc.) ; dans cette hypothèse on procède à une simple transplantation d’une solution qui est fiable et qui a fait déjà ses preuves sur le marché d’origine, ainsi le coût de l’implantation initiale se trouve allégé du fait que la dépendance du marché roumain est moins conséquente (tri plus ciblé des fournisseurs et du personnel, indifférence relative du lieu d’implantation, maîtrise des coûts d’implantation proprement dits car on sait comment le faire et à quelle échelle etc.) ;

- la théorie de la "tête de pont" fonctionne également en matière financière, car nombreux sont ceux qui trouvent un avantage à associer 2 activités (même sans aucune liaison) pour assurer un "cash flow" (liquidités) permanent : une activité commerciale secondaire, moins encombrante financièrement et générant des retours sur investissement plus rapides et une activité de production principale profitant de ces retours (dans ce cas, la source du capital, qui est une des "têtes de pont" du projet d’implantation, est assurée par un autofinancement progressif).


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