Investir en Roumanie Investir en Roumanie  
 
Vous êtes dans Accueil Articles et analyses Archives articles

Le LEU souffre de dolarophobie


Le  jeudi 21 août 2008

L’aversion contre les risques est devenue la principale source des fluctuations de la monnaie nationale

Depuis le début de cette année, la parité moyenne de l’euro a fluctué entre un maximum de 3,7695 enregistré le 24 janvier, et un minimum de 3,5434 lei, atteint le 9 juillet.

Au cours de ces sept mois de fluctuation, le premier couloir a été beaucoup plus important, montant en janvier à près de 3,84 lei, le minimum de 3,52 lei étant atteint il y a deux semaines. Il est à noter que le marché est entré dans une marge d’environ 9%, compatible avec la bande de fluctuation que s’était proposée la banque centrale, de 10 à 15%.

L’évolution de l’euro / leu n’est plus autant lié par la politique de la BNR que par qui se passe sur les principaux marchés financiers, en particulier la parité euro / dollar, ce qui donne le ton à l’égard de l’aversion pour le risque des investisseurs étrangers.

Souvenons-nous que, il y a un an, l’euro testa le seuil de 3 lei, le cours baissant jusqu’à un minimum de 3,1112 lei, la monnaie nationale étant parmi celle qui enregistrait le plus haut taux de croissance par rapport à la monnaie unique, seulement les interventions de la BNR, qui en achète de grandes quantités, l’arrêtant dans son éphémère rallye vers le bas.

Mais la puissante crise des "subprimes" américaine est arrivée, qui a freiné l’appréciation du leu, les fonds institutionnels étrangers mais aussi les spéculateurs sortant du marché roumain rapidement afin de limiter les pertes sur le plan extérieur.

" L’aversion contre le risque" est devenue la principale source de fluctuation du leu, les investisseurs recherchant d’autres investissements tels que l’or, qui est monté en mars à 1033,90 dollars US pour couvrir la croissance spectaculaire des prix du brut de pétrole, mais aussi à cause du maintien la non-confiance vis-à-vis de l’économie américaine, malgré « coupures » répétées des taux d’intérêt par la Réserve fédérale.

Roumanie, un pays "fragile"

Selon l’avis d’une étude réalisée par la société Coface, le leu est la monnaie la plus touchée dans la région par la crise financière internationales et la Roumanie, ainsi que des pays comme la Lituanie, la Bulgarie, la Hongrie et la Turquie, sont considérés comme « fragiles ».

"Si la monnaie roumaine a connu un léger renforcement depuis la fin du mois de janvier 2008, elle demeure de loin la monnaie la plus touchée par cette crise dans la zone", estiment les analystes de la Coface. De même, les analystes sont d’avis que le leu, appartenant à un régime de change flexible, semble être une des plus instables devises à court terme, faisant l’observation qu’il existe dans la région des pays vulnérables à un brusque ajustement de la croissance économique, dans le contexte des progrès rapides de la dette du secteur privé et à la suite de l’augmentation des prêts en devise étrangère , galvanisés par le développement du marché de l’immobilier.

Un rôle important dans le maintien de la solidité de la monnaie nationale revient aux roumains travaillant à l’étranger, qui ont envoyé chez eux plus de trois milliards d’euros au cours de la période janvier-mai, avec une hausse de près de 26% par rapport aux cinq premiers mois de 2007.

En ce qui concerne le déficit du compte courant de la Roumanie, il a accéléré le rythme de croissance dans les cinq premiers mois de cette année, s’élevant de 11,08% par rapport à la même période de 2007, à près de 6,526 milliards d’euros, en particulier comme résultat du déséquilibre de la balance commerciale, selon un communiqué de presse de la banque centrale.

Les deux dernières semaines ont été peut-être le plus éloquentes en termes d’entrée et de sortie sur le marché roumain de spéculateurs en raison de mouvements enregistrés par la parité entre l’euro et le dollar américain.

Dans la période allant du 7 au 9 Juillet, la parité euro / US dollars a connu une évolution tranquille, fluctuant entre 1,56 et 1,57 dollars US, ce qui a permis au leu l’appréciation à un niveau de 3,5434. A partir du 10 juillet, le leu est entré sur une pente descendante en même temps que la dépréciation du dollar. La baisse de la monnaie américaine a été stimulée par l’augmentation des tensions dans le golfe Persique, après l’Iran a testé un missile qui peut cibler Israël, mais aussi par les déclarations des représentants de l’administration Bush concernant la possibilité d’une intervention armée.

La situation est devenue encore plus tendue avec la diffusion d’annonces sur l’état de précarité des deux des plus importantes institutions américaines qui refinancent les prêts hypothécaires, les fonds Fannie Mae et Freddie Mac. La réserve fédérale et l’administration Bush ont souligné qu’ils étaient prêts à prendre des mesures spéciales pour prévenir leur fermeture, évoquant même la possibilité de la nationalisation.

Dans ce contexte, la parité euro / dollar US atteignait le 15 juillet un nouveau maximum historique de 1,6038 dollars, la monnaie unique moyen s’élevant à 3,6026 lei, et les cotations à 3,61 lei. Une fois ce maximum atteint, les mouvements de profit des traders internationaux ont suivi, le leu de retour sur une pente ascendante, la parité moyenne euro redescendant vendredi à 3,5581 lei.

— 

Article paru dans My Bank.ro, traduit du roumain par Investir-Roumanie.


Page visitée 2318 fois. Version imprimable

Dans la même rubrique Les mesures de plafonnement des taux ROBID / ROBOR stabilisent le marché et donnent de la confiance, affirment les banquiers
vendredi 21 novembre 2008

Le tabac et les voitures dans le top de croissance de la production industrielle
mardi 21 octobre 2008

Un bon manager réussit quelque soit le secteur où il activerait
lundi 3 novembre 2008

 
 
...
...