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La viande de porc roumaine - mise à la porte par les produits d’importation


Le  mardi 3 octobre 2006

Traduction offerte par www.investir-roumanie.com en collaboration avec StrateGEst Europe Consulting, d’après la revue roumaine "Adevarul economic", no. 668 du 9 au 15 février 2005.


Est-ce que le porc roumain disparaîtra en tant que produit ? Difficile à dire mais, d’après M. Sorin MINEA, le président de la Confédération des transformateurs roumains de produits agricoles "Romalimenta", cette sombre perspective ne devrait pas nous inquiéter. Et cela parce que, tant que ses performances en termes de productivité, ainsi que de qualité, sont deux fois plus faibles que celles des porcs élevés dans des fermes occidentales, le porc roumain ne peut même plus être considéré un produit compétitif. Le représentant sus cité affirme également qu’en Roumanie les producteurs intégrés n’ont aucune chance et que leur lieu doit être pris immédiatement par des fermes privées et associatives de 300 à 400 têtes maximum.

Son opinion est tout de même contredite par les représentants des fermes roumaines de porcs, qui, eux, considèrent une telle déclaration extrêmement risquée. Ils pensent que de telles déclarations dévoilent les vraies intentions des transformateurs qui, avec le feu vert des autorités, se sont mis d’accord pour la destruction des races roumaines, ce qui rendra la zootechnie roumaine totalement dépendante de l’importation.

La vérité se trouve au milieu. Dans les complexes de production et les fermes roumains, un petit cochon arrive au poids optimal dans 220 jours, comparé aux 180 jours habituels dans l’Union Européenne. Mais la viande de porc roumaine a l’avantage d’être plus "bio", en dépit de sont coût plus élevé (hélas, un jour de plus pour prendre du poids coûte cher).

La Roumanie - le plus grand importateur d’Europe

L’adition des importations de viande en 2004 est d’environ 300 millions d’euros. La viande provient non seulement d’Europe mais aussi des stocks du monde entier, et se trouve parfois très proche de la date d’expiration. Pour dire toute la vérité, cette viande surgelée n’est pas vendue crue, mais après avoir été préparée sous différentes formes. Certains produits obtenus avec de la vraie viande sont si chers que les personnes avec des petits ou moyens revenus ne sont pas en mesure de les acheter. Beaucoup plus demandés sont les produits premier prix, fabriqués au "sous-sol" des grandes fabriques d’aliments. Le président de la Confédération "Romalimenta", affirme que ces "transformateurs - pirates" contrôlent plus de 30 % du marché de la viande de porc et des charcuteries en Roumanie. D’après lui, certains produits sont des vraies "bombes alimentaires", pour lesquelles les producteurs seraient passibles de sanctions pénales. Ce genre de transformateurs agit surtout sur les marchés ruraux, en dehors de tout contrôle, où ils peuvent se procurer de la matière première bon marché et qu’ils utilisent sous forme de mixtures dont le contenu est dominé par les graisses, la gélatine et le sel. Ce type de commerce alimentaire est pratiqué sans que les vétérinaires ou les offices pour la protection des consommateurs puissent réagir en temps utile. A leurs arrivée dans les marchés agro-alimentaires et les magasins, ils ne font que de découvrir des marchandises dépréciées ou stockées dans des conditions impropres, mais de tels contrôles superficiels sont loin d’être conformes aux normes européennes de sûreté alimentaire.

Paradoxalement, la baisse de prix des fourrages a eu comme effet la baisse des effectifs

Mme. Stanca TUDOR, la directrice générale du Patronat des fermes de porcs, affirme que les importations massives de viande durant les derniers mois risquent de ramener les producteurs dans la même situation critique de 2003. Cette porte-parole des fermes de porcs affirme que le prix actuel (n.r. en 2005) de 75.000 ROL pour un kilogramme de carcasse plus les subventions respectives couvrent entièrement les dépenses des éleveurs. La baisse des prix des fourrages, ainsi que l’amélioration de la qualité du matériel biologique n’ont pas eu comme résultat l’augmentation des effectifs. Au contraire, le nombre de porcs élevés dans des fermes zootechniques est de 200.000 têtes plus réduit qu’en 2004. Les producteurs autochtones continuent d’accuser la concurrence des entreprises étrangères qui, en tirant profit du manque d’exigence des autorités roumaines en ce qui concerne la qualité, ramènent de la viande au prix de 69.000 ROL/kilogramme. Les entreprises importent non seulement de la carcasse de porc mais aussi de la viande destinée à la transformation à des prix beaucoup moins élevés. Ces assortiments, qui bénéficient de certaines facilités en matière de douane, sont très recherchés parmi les traiteurs. La preuve est qu’il y a très peu d’investisseurs qui sont venus en Roumanie pour reconstruire des fermes d’élevage et d’industrialisation des porcs. On préfère faire du commerce à la place, en important des Etats-Unis et du Canada. Cette stratégie des investisseurs étrangers semble avoir comme objectif le contrôle du marché roumain à travers le commerce, en visant, au fur et à mesure de l’accumulation du profit, à développer des programmes parallèles de réhabilitation des effectifs locaux.

La viande de porc représente plus de la moitié de la viande consommée par les roumains

Les analystes du marché affirment que la moitié de la viande consommée par les roumains est de la viande de porc. Dans un système d’alimentation normal, tant du point de vue qualitatif que quantitatif, le pourcentage serait considéré comme étant énorme. En réalité, les roumains consomment en moyenne moins de 20 kilogrammes de viande de porc par an, une consommation qui les place "à la banlieue" de l’Europe en termes de quantités, si on prend en compte que, au niveau de l’Union Européenne des 15, elle dépasse 45 kilogrammes par habitant. Parmi la quantité totale de viande tranchée produite localement, environ 415.000 tonnes par an, presque la moitié est représentée par l’autoconsommation dans l’environnement rural. La population urbaine est approvisionnée essentiellement avec de la viande importée. L’apport des fermes autochtones pour l’approvisionnement du marché se résume à un quota de marché d’environ 18%.

Une vraie stratégie alternative à l’actuel état des choses n’existe même pas dans la théorie

Les représentants du patronat des éleveurs de porcs affirment que, à court terme, il y a de très maigres espoirs pour changer la structure actuelle de la production locale qui se montre largement déficitaire par rapport aux besoins du marché roumain. Les fermes dites "familiales" préconisées par les autorités ne pourront se développer qu’à conditions que les petits entrepreneurs soient aidés afin d’accéder aux fonds européens ou aux crédits. "Depuis 8 ans, nous ne faisons autre chose que de nous disputer avec les transformateurs pour le prix de la viande", affirme Mme. TUDOR. "Ils accusent le fait que nous produisons cher, alors que nous pensons qu’ils importent de viande à un prix de "dumping". Pendant ce temps-là, le Ministère roumain de l’agriculture a assisté impassible à la liquidation des effectifs et à la faillite des unités qui produisaient pour le marché. Actuellement il n’existe pas une stratégie nationale claire et transparente dans le domaine d’élevage des porcs en Roumanie. Il est clair que le pays ne peut pas entrer dans l’Europe avec des animaux élevés majoritairement dans la basse-cour de la population rurale. A travers le pays, les foyers de peste se multiplient, alors que les autorités vétérinaires se vantent avec le bon état sanitaire des porcines roumaines. On est en train de rapporter des augmentations des effectifs, alors que les réfrigérateurs des magasins sont bourrés de viande d’importation. Pour ne pas parler des races autochtones de cochons qui sont presque disparues des fermes qui produisent toujours en Roumanie. L’un des plus grand institut de recherche d’Europe dédié au porc - celui de la ville de Peris - n’existe plus comme unité scientifique. En matière de matériel génétique pour la reproduction, la Roumanie est devenue totalement dépendante des pays étrangers. Nous sommes les seules éleveurs de porcs en Europe dans une telle situation", affirme la représentante des éleveurs.

Le top des plus grands producteurs roumains

- "Comtim", Timisoara - est le leader absolu avec 180.000 de porcs. Le combinat de la ville de Timisoara a été racheté l’année dernière par l’un des plus grands producteurs de viande de porc au monde, le géant américain "Smithfield Foods", qui essaie de développer à la frontière de Ouest le plus puissant combinat agricole d’Europe. La stratégie de développement des américains est pensée en deux étapes. Pendant la première étape ils visent la réhabilitation de toues les capacités de production et la repopulation des fermes afin d’atteindre 1 million de têtes. Le développement se poursuivra par une deuxième étape, qui consistera dans l’acquisition des fermes désaffectées des départements d’Arad et de Bihor, toujours à l’Ouest du pays. Le développement sera fait jusqu’à une capacité d’un million de têtes sur site à Timisoara, pour que, finalement, les américains arrivent à élever dans la région de la frontière Ouest de la Roumanie approximativement 2 millions de porcs.

- "Romsuintest", Peris - est la seule unité zootechnique avec une base de recherche intégrée directement dans la production. Sans aucune aide financière, les plus grands spécialistes ont été obligés de réduire leurs recherches fondamentales et ont dû se limiter à des recherches avec des applications directes. Le complexe de la ville de Peris détient aujourd’hui 100.000 têtes de porcs et il est hors de question d’augmenter ses effectifs à cause des difficultés financières auxquelles il est confronté.

- Le complexe d’élevage de la ville de Braila - avec un effectif de 85.000 têtes, il est le troisième producteur de viande de porc de Roumanie. Les experts sont d’avis que c’est l’unité zootechnique autochtone avec les plus grands espoirs de réhabilitation. Malheureusement, jusqu’au présent, l’équipe de directeurs a été obligée de résoudre un problème critique - le manque de fourrages et les prix de vente et d’achat discriminants par rapport aux importations.

- Le complexe d’élevage de la ville de Bacau - il appartient à la holding "Agricola International". Après un échec total, à cause d’une épidémie généralisée, le complexe a été intégralement refait et peuplé avec 50.000 têtes. Si les conjonctures restent favorables sur le marché local, les effectifs pourront être doublés cette année.

- Le complexe d’élevage de la ville de Roman - il appartient au groupe "Cosarom". En tant qu’effectifs, celui-ci revendique les mêmes parts de marché que les complexes de porcs de la ville de Bontida, Calarasi, Fierbinti ou Oltenita, mais les dépasse du point de vue de ses performances techniques et économiques.

NOTA : Les fermes ci-dessus détiennent 82% des effectifs de porcs élevés industriellement en Roumanie. Il est attendu que ces données changent quand les investisseurs, en particulier les américains de "Comtim", matérialiseront leurs programmes de développement.


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