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La Roumanie habille l’Europe - aperçu général de l’industrie roumaine textile du perfectionnement passif (lohn)


Le  mardi 25 avril 2006

26 mars 2006 - traduction du roumain en français depuis (c) www.evz.ro (Site du quotidien roumain "Evenimentul Zilei")

Elena Stanescu, Alexandra Diaconu (journalistes chez "Evenimentul zilei")

(c) www.investir-roumanie.com pour la traduction


Tous nos remerciements pour la traduction à Mlle. Aura VASILE, juriste roumaine du Droit international des affaires à Orléans. Cliquez sur son nom pour envoyer un courrier électronique à cette personne cherchant un poste en tant que juriste dans une société franco-roumaine.


Un nouveau concept de vente basé sur la rapidité fait de la Roumanie un acteur-clé du marché des produits de luxe.

"Zara", "Steilmann", "Hugo Boss", "Pierre Cardin", "Benetton", "Fashionable", sont seulement quelques unes des marques dont les produits comportent le label "fabriqué en Roumanie".

Nous avons la plus importante main d’ouvre de l’industrie européenne des textiles et on doit se maintenir à ce niveau, affirme Irina Schrotter, créatrice de mode.

Tout cela dans le contexte où toute l’Union européenne est envahie par les importations massives de la Chine, le plus important acteur de l’industrie mondiale des confections.

"Si l’on n’investit pas dans la technologie, on risque de perdre les grands clients européens en la faveur des pays comme la Russie ou l’Ukraine. On ne parle pas ici de la Chine car elle produit des textiles de masse. Mais, de la même façon que nous avons repris la production des pays comme la Hongrie, la Grèce, le Portugal, la Pologne, les pays est- européens commencent à mettre la pression et peuvent nous faire perdre les clients", affirme Mme. Schrotter.

La créatrice de mode est la détentrice de la compagnie "Confectii Integrate Moldova" qui travaille depuis deux ans, en système lohn (perfectionnement passif), pour deux grands clients européens, l’un d’entre eux étant Benetton, selon le journal bucarestois "Capital". Le chiffre d’affaires de l’entreprise est passé dans un an de 1,5 millions euros à 9 millions euros.

"Nous pensons que, si l’on a de la main d’œuvre qualifiée, et que l’on rajoute de la technologie aussi, la productivité augmentera. Et cela nous rendra compétitifs encore au moins 7-8 ans", affirme Irina Schrotter.
"Confectii Integrate Moldova" envoie des livraisons en Europe toutes les semaines car le rythme de transmission des commandes doit être le plus rapide possible. Le délai de livraison des marchandises ne doit pas dépasser 3-4 semaines. C’est justement ce délai relativement court qui maintient l’industrie textile chinoise encore loin de la compétition avec la Roumanie.

Irina Schrotter affirme que la Roumanie demeure pour l’instant l’option idéale pour les grands clients européens, même si, une fois avec l’intégration du pays dans l’Union européenne et la hausse des salaires, l’industrie textile roumaine en souffrira. "Cela n’arrivera pas au 1er Janvier 2007, mais dans trois ans, c’est possible que les entreprises étrangères se réorientent vers d’autres pays", soutient la créatrice de mode.

"Aucune entreprise étrangère ne souhaite partir"

Industrie : La Roumanie se trouve parmi les dix premiers fournisseurs de confections textiles de l’Union européenne.
Partout dans le monde il y a des confections avec l’étiquette "fabriqué en Roumanie". Il ne s’agit pas toujours d’exportations sous la propre marque des entreprises roumaines, mais, le plus souvent, de produits exécutés en système lohn, avec des matériaux, modèles et marques des partenaires étrangers d’affaires.

Dans les pays où la main d’œuvre est moins chère, comme c’est le cas de la Roumanie, des Etats du Sud-Est de l’Europe, ou des Etats asiatiques (Chine, Inde, Taiwan), on pratique le système de production lohn. Tous ces vêtements fabriqués selon les standards du bénéficiaire prennent ensuite la voie des pays membres de l’UE.

De nouveaux emplois

Selon l’Institut National roumain de Statistique, actuellement en Roumanie il y a plus de 5.500 entreprises de confections, la plupart situées en Moldavie. La plus connue est Conted, à Dorohoi, dans le département Botosani, qui travaille pour "Zara". Ces dernières années, le système du lohn a généré plus de 250.000 emplois. Le salaire d’un roumain qui travaille dans le secteur des confections est de 200-250 euro brut, presque deux fois plus bas qu’en Hongrie ou en Pologne.

L’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne représente pourtant une menace pour l’industrie textile roumaine. La hausse des salaires dans ce secteur et implicitement, des coûts de production, pourraient pousser les clients à faire leurs bagages et se réorienter vers des pays comme la Russie ou l’Ukraine avec une main d’œuvre moins chère.

La concurrence chinoise

"On travaille avec l’Union européenne avant même 1989. Nous comptons parmi nos clients "Steilmann", mais aussi d’autres firmes du Canada ou des Etats-Unis. Nous livrons 99% de la production sur le marché européen", affirme Mihai Tincu, président-directeur de l’entreprise "Rapsodia" de Botosani.

Le marché chinois n’est pas un concurrent pour notre pays, estime M. Tincu. "Les chinois fabriquent des produits de masse. Et non des produits de luxe, à caractère saisonnier et dont le cycle de fabrication ne dépasse pas 40 jours. Chez eux, un cycle de fabrication comprend environ 100 jours", affirme M. Tincu.

Le président-directeur de "Rapsodia" estime que les entreprises étrangères ne quitteront pas la Roumanie car ici elles trouvent un certain standard de qualité que les autres pays est européens ne peuvent pas offrir. "Les choses ne vont pas évoluer si vite, et le 1er janvier 2007 ne représente pas un danger pour nous. Moi j’ai des clients allemands qui sont partis et qui sont revenus après. Il y a des italiens qui ont investi chez nous il y a dix ans et qui, à cause de l’incertitude du rapport de change leu-euro, ont voulu partir, mais ils n’ont pas été convaincus qu’ailleurs il sera mieux pour eux. Les salaires ailleurs sont plus bas, mais il y a aussi des désavantages que les entreprises sérieuses ne peuvent pas assumer", conclut-il.

"Hugo Boss", "Benvenuto", "Brax", "Strellson", "Hilt" etc. ont créé "La vallée des pantalons" du département de Covasna (Centre de la Roumanie). L’industrie textile de ce département est confondue avec le système du lohn. Des 16 entreprises du département, 13 travaillent en système lohn, et neuf produisent uniquement des pantalons.

L’année précédente, les entreprises de Covasna ont exporté 10.600.000 paires de pantalons, en 2.100 semi-remorques de type TIR. Les expéditions, tout comme les commandes, se font chaque semaine. Selon Teodor Scridon, le directeur du bureau de douane de Sfantul Gheorghe (chef-lieu du département de Covasna), la valeur de la marchandise exportée a été d’à peu près 65 millions d’euros.

Ainsi, pour chaque paire de pantalons fabriquée, les entreprises ont encaissé un prix brut de 6 euros tout au plus. De cet argent il faut couvrir tous les coûts de fonctionnement de l’entreprise et les salaires des employés.

Les pantalons produits dans les neufs entreprises de Covasna, les six de la zone du Targu Secuiesc, et les trois de Sfantu Gheorghe, prennent la route de l’Union européenne, et en spécial de l’Allemagne, d’où proviennent aussi ceux qui ont construit ces entreprises.

L’industrie des confections de Covasna comprend plus de 10 % de la main d’œuvre du département, et plus de 15 % des femmes qui travaillent.

L’entreprise "Nathalie D" de Harlau, le département Iasi (Est de la Roumanie), a été créée en 1996, mais elle a commencé la production en système lohn à peine en 1999. Les 450 employés produisent des confections pour des marques britanniques comme "Bianca" et "Bravado".

"Début 2005, le flux des commandes qu’on recevait de nos partenaires de l’Angleterre a baissé. Les entreprises de là-bas ont choisi de transférer leurs commandes en principal vers le marché chinois", raconte Daniela Blangoci, le président-directeur de "Nathalie D". Mais vers la fin de l’année, les partenaires anglais se sont de nouveaux orientés vers la Roumanie.

"Je crois que les marques occidentales n’ont pas été satisfaites de la qualité réalisée dans les entreprises chinoises ou peut-être que l’obtention d’un meilleur profit à la suite de la réduction des coûts du transport les ont convaincus", a précisé Blangoci.

Une entreprise anglaise pourrait réduire ses coûts de plus de 1000 lires sterling pour un camion de marchandise si celui-ci provenait de la Roumanie et non de la Chine.

"Basler", "Digel", "Brax", "Strellson Menswear", "Alberto", "Daniel Hetcher", "Schuller", "Steilmann", ont également "envahi" Sibiu. Les trois entreprises de confections textiles de Sibiu, "Mondostar", "Euroconf" et "Cooperativa Imbracamintea", produisent elles aussi pour l’Europe de l’Ouest. "Mondostar" a actuellement 1.100 salariés qui produisent chaque année 80.000 produits textiles pour le marché allemand.

"Nous avons des contrats en cours avec "Basler", "Digel" et "Brax" en Allemagne et "Strellson Menswear" en Suisse. Nous produisons plus de 1.000 vestes pour hommes par jour et non pas seulement des vestes", affirme Mircea Vasiliu, le directeur de "Mondostar".

"Euroconf" a des contrats en cours avec "Daniel Hetcher", "Alberto" si "Schuller", mais aussi avec "Steilmann". "Les contrats avec les partenaires étrangers ne peuvent pas être modifiés. Quand on entrera dans l’Union européenne, nous serons obligés d’augmenter les salaires. Les clients étrangers n’accepteront pas une telle hausse et on devra réduire le personnel", affirme le directeur commercial Doru Gligor.

L’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne est la raison pour laquelle l’entreprise de Sibiu a inauguré des magasins propres à Sibiu, Timisoara et Bucarest. "On espère renforcer notre marque propre et passer à la production pour le marché interne. Mais pour l’instant aucune entreprise étrangère n’a manifesté son désir de nous quitter", précise Doru Gligor.

A la demande de l’Union européenne et des Etats-Unis, la Chine "serre la ceinture"

Le commerce des textiles représente 6 % du commerce mondial. La Chine couvre 17 % de la production mondiale de textiles et de vêtements.

Le 1er janvier 2005 l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a renoncé au système des cotes valable depuis 1974, en libéralisant le commerce. Après seulement un trimestre, les pays occidentaux sont arrivés à la conclusion que la marchandise provenant de Chine peut avoir les effets dévastateurs d’un tsunami pour les producteurs autochtones et pour le marché du travail de l’industrie textile.

Les importations de T-shirts ou de pantalons de la Chine ont augmenté depuis de 500 %, en couvrant 17 % du marché américain et 18 % de celui de l’Union européenne. Alors que les spécialistes estimaient une hausse de la participation de la Chine sur le marché mondial des textiles de jusqu’à 50 % dans les années à venir.

Lors de son entrée dans l’OMC, la Chine a accepté la possibilité pour les Etats membres de l’UE de restreindre les importations de textiles et vêtements.

En juin 2005, l’UE a demandé à la Chine de limiter le pourcentage des exportations à 10 % pendant trois ans. Mais les Etats-Unis ont imposé à la Chine une cote maximale de croissance des importations de 7,5 %. Comme conséquence à cette mesure vivement critiquée par les chinois, les producteurs ont accéléré les transports destinés au marché européen, en dépassant la cote sur une année entière. En août 2005, dans les ports européens, il y avait déjà 75 millions d’articles de vêtements fabriqués en Chine. (Adrian Moise, Cezar Padurariu)

Le concept de "mode à la minute"

Nouveau courant : La révolution industrielle a commencé en Europe avec la machine à coudre mécanisée. Maintenant, une autre révolution industrielle est en voie d’éclater. Si ces dernières années les pays en voie de développement du Sud-Est de l’Europe ont commencé à toucher à la profitabilité à l’export, avec leur entrée dans l’Union européenne, la tendance menace de changer. Et pourtant, sur le Vieux Continent, il y a des évolutions qui font obstacle au retour de certains donneurs d’orde en Chine ou dans d’autres pays asiatiques, comme le Bangladesh, le Taiwan, le Pakistan, ou l’Inde. Il s’agit de la "fast-fashion", comme on dit en anglais, ou "pronto-moda" en italien, est un phénomène caractéristique du marché en détail du 20ème siècle, apparu une fois avec le commencement de la course contre chronomètre des grandes chaînes de magasins afin d’attirer et fidéliser les clients.

Si avant, l’offre de confections se renouvelait trois-quatre fois par an, en fonction de la saison, maintenant les grandes chaînes préfèrent apporter des produits nouveaux ayant des cycles de vie commerciale plus courts, toujours en ton avec les dernières tendances et à des coûts intéressants.

Développé en Europe, le phénomène de "fast-fashion" représente déjà entre 5 % et 18 % du marché des confections textiles dans des pays comme l’Allemagne, la France, La Grande Bretagne et l’Espagne et il commence à gagner du terrain aux Etats-Unis aussi.

Plus près, moins cher

Mais le concept implique une condition essentielle, celle que la route des confections, des tables de design, jusqu’aux étagères des magasins, soit très courte.
"Zara" a réussi à résoudre ce problème en quittant la Chine et en déplaçant la production dans les pays de l’Est et du Sud de l’Europe, dont la Roumanie fait elle aussi partie. Si avant le transport durait plus d’un mois, maintenant les nouveaux produits arrivent dans les magasins en moins de deux semaines.

C’est vrai, la main d’œuvre est plus chère dans l’Est de l’Europe qu’en Chine, mais les bénéfices qui en résultent de la réduction du temps de transport sont supérieurs aux coûts supplémentaires engendrés par les salaires.

De plus, les clients des magasins "fast-fashion", d’habitude les jeunes sensibles aux tendances globales, demandent en permanence des produits nouveaux parmi lesquels ils peuvent choisir. Les confections sont mieux vendues dans les magasins "fast-fashion", seulement 15 % des produits étant vendus après en soldes, par rapport à 49 %, le pourcentage caractéristique de toute l’industrie, démontre la publication "Newsweek". Chose qui signifie aussi, bien sûr, une plus grande marge de profit. (Dragos Popescu)


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