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Aperçu rapide de l’industrie automobile d’origine française présente en Roumanie


Le  dimanche 6 mai 2007

Motto : "Si l’entreprise Renault n’était pas venue en Roumanie, rien n’aurait existé."


Traduit en français avec l’aide de StrateGEst Europe Consulting à Lyon. Auteur : M. Ionut BONOIU. Publication : http://www.zf.ro, édition du 28 septembre 2006


L’évolution de l’industrie d’automobiles de Roumanie a été très liée aux voitures françaises pendant ces 40 dernières années

Trois quarts des plus de trois millions d’automobiles enregistrés à présent en Roumanie sont des voitures françaises ou d’origine française : Dacia, Oltcit, Renault, Peugeot ou Citroën. Le modèle Dacia Berlina (1300), la voiture la plus vendue de l’histoire du marché d’automobiles en Roumanie avec environ 2 millions d’unités commercialisées pendant plus de 35 ans, aussi que la Oltcit, ont été inspirées par des modèles Renault et Citroën.

Malgré tout cela, les collaborations avec les Français ont été closes plus ou moins amiablement par le régime communiste de Nicolae CEAUSESCU et, en 1989, l’industrie locale était marquée par deux fabricants nationalisés en manque d’inspiration.

Si l’ancienne entreprise Oltcit de la ville de Craiova a été rachetée par les coréens de Daewoo au premier semestre de l’année 1990, Renault a eu besoin de plusieurs années de négociations et d’importantes facilités accordées par l’Etat roumain pour enfin racheter (Renault l’avait fondée par un joint venture avec la Roumanie communiste à la fin des années 1960) l’entreprise de la ville de Pitesti en septembre 1999.

Renault voyait Pitesti comme l’un des éléments clé pour la réalisation d’un rêve du président de la compagnie de l’époque, M. Louis SCHWEITZER, la voiture à 5 000 euros qui allait être vendue dans les pays émergents.

Dans ces conditions, le fabricant local Dacia est passé par une longue période de restructuration pendant laquelle on a réduit de moitié son personnel. En même temps, les investissements de Renault ont dépassé l’un après l’autre le plafond des 200 millions de dollars prévu par le contrat de privatisation, et sont en train d’atteindre la somme de un milliard d’euros dans la période à venir, compte tenu des derniers projets annoncés par la maison mère.

Etant l’un des plus importants investissements de l’industrie d’automobiles, la plateforme Dacia commence à avoir des résultats à l’hauteur de la somme investie, Dacia annonçait l’année dernière un chiffre d’affaires de 1,2 milliards d’euros. De plus, le fabricant a enregistré un profit de 57 millions d’euro, et cela pour la première fois depuis l’arrivée de Renault en tant qu’actionnaire principal. Le modèle Logan a atteint une production de 250 000 voitures depuis le début de sa fabrication en série à Pitesti deux ans en arrière, selon les données annoncées par Renault après le premier semestre de cette année (2006, n.r.).

Concrètement, à un prix d’environ 6 000 euros, la valeur totale des Logans fabriquées dépasse 1,6 milliards d’euros, la plupart étant sorties de l’usine de Pitesti.

En même temps, les ventes totales d’automobiles Logan ont récemment dépassé les 300 000 voitures, ce qui représente beaucoup plus que les prévisions initiales du groupe français.

D’ailleurs, dès le début des ventes en Roumanie en septembre 2004, beaucoup de commandes ont été passées pour le modèle fabriqué à Pitesti, tant en Europe de l’Est qu’en Europe Occidentale, où, initialement, son lancement n’était pas prévu.

De plus, cette année deux nouvelles versions de carrosseries seront lancées : la break et, à partir de l’année prochaine, une utilitaire (premier trimestre 2007).

Même si au milieu des années ‘90 l’entreprise Oltcit a été rachetée par les coréens, dans l’usine de Craiova la langue française pourrait être bientôt à nouveau de plus en plus utilisée. Au bord de la faillite depuis environ quatre ou cinq ans, Daewoo Motor a essayé de diminuer son implication, l’usine de Craiova passant dans moins d’un mois dans la propriété de l’Etat roumain, selon un accord récemment signé.

Renault, comme d’ailleurs d’autres importants constructeurs d’automobiles, est intéressé par l’usine de Craiova, surtout parce que la marque au losange est à la recherche de solutions pour augmenter la capacité de production de la Logan et, éventuellement, pour son partenaire, Nissan, qui ne détient à présent aucune capacité de production propre en Europe Centrale ou de l’Est.

Mais les investissements français dans l’industrie roumaine d’automobiles ne se limitent pas à Dacia. Beaucoup de fabricants français de pièces détachées se sont rendus compte du potentiel offert par la main d’œuvre qualifiée et bon marché existante en Roumanie. Ainsi, des fournisseurs de pièces de Renault ou des autres fabricants de voitures, comme Faurecia, Valeo ou SNR Roulments, sont déjà actifs en Roumanie avec des unités autonomes de production.

Sur la liste des investissements français directs dans l’industrie d’automobiles en Roumanie, on trouve aussi le fabricant d’enveloppes Michelin, qui a pénétré sur le marché roumain en août 2001 en rachetant deux entreprises d’enveloppes et d’autres actifs du groupe roumain Tofan, le coût total de la transaction étant estimé à environ 80 millions de dollars.

Michelin a investi des sommes importantes dans ces entreprises et a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de plus de 200 millions d’euros. Le groupe français, qui exporte une grande partie de la production réalisée en Roumanie, estime qu’il pourra enregistrer des bénéfices cette année, et cela pour la première fois depuis son entrée sur le marché.

De gros profits sont également enregistrés par les importateurs de voitures françaises ; l’année dernière, Renault a été la marque d’importation la plus vendue sur le marché roumain, l’importateur de la marque annonçant un chiffre d’affaires de 288 millions d’euros et des bénéfices d’environ 9 millions d’euros.

Le groupe Trust Motors, l’importateur de la marque Peugeot, a enregistré l’année dernière un chiffre d’affaires d’environ 161 millions d’euros et des bénéfices de 15 millions d’euros, alors qu’ATS, la compagnie détenue par le premier ministre M. Calin Popescu-Tariceanu et qui représente la marque Citroën sur le marché local, a doublé son chiffre d’affaires jusqu’à 44 millions d’euros.

Les phares de la Logan "ont illuminé" les affaires de l’entreprise Elba Timisoara

La hausse des ventes de la Dacia Logan n’a pas influencé positivement seulement la compagnie française Renault Roumanie, mais aussi son fournisseur de phares, l’entreprise Elba Timisoara. Le chiffre d’affaires de cette compagnie a augmenté de 18% au cours du premier semestre de cette année, jusqu’à 28 millions d’euros. En effet, 40 % des affaires d’Elba représentent le contrat avec le groupe français Renault, ce qui explique l’importante influence des ventes de la Logan sur le fonctionnement de l’entreprise de Timisoara.

C’est aussi la raison pour laquelle Elba estime un chiffre d’affaires de 34 millions d’euros cette année (2006), en hausse de plus de 20% par rapport à l’année dernière (2005). Elba est l’un des plus grands producteurs d’ampoules et phares autochtone, les deux principaux domaines d’activité de l’entreprise étant la production des luminaires industriels, domestiques et décoratifs, ainsi la production des optiques pour les automobiles.

La Logan fait avancer beaucoup d’affaires

Le lancement de la Dacia Logan a aussi apporté de nouvelles perspectives de développement pour le fabricant de mousse de polyuréthane, l’entreprise Spumotim de la ville de Timisoara. Celle-ci a enregistré en six mois (en 2006) une hausse de 19% de son chiffre d’affaires, jusqu’à 9,2 millions d’euros, et cela grâce aux importantes ventes de la Logan.

Les livraisons de mousse vers Dacia-Renault représentent environ 30 % à 50 % du chiffre d’affaires de Spumotim et, à présent, la compagnie produit environ 20 modèles de tissu pour les sièges de la Logan.

Mais l’usine Renault de Roumanie n’est pas le seul client de la compagnie Spumotim, elle a aussi des commandes pour la nouvelle usine Renault de Russie, une nouvelle unité de production où le groupe Renault va assembler des automobiles Logan pour les marchés de l’Europe de l’Est.

Le groupe Michelin commence à voir arriver le profit

Leader sur le marché international d’enveloppes, le groupe estime que son activité en Roumanie apportera cette année (2006) du profit, après une année 2005 pendant laquelle il a réduit ses pertes de plus de trois fois, atteindrant 6 millions d’euros. Le chiffre d’affaires du groupe français en Roumanie a atteint l’année dernière (2005) 200,7 millions d’euro, en hausse de 40 % par rapport à l’année précédente. Le groupe détient à présent les entreprises Silvania Zalau et Victoria Floresti (des anciennes unités de production du groupe Tofan), mais aussi une usine de cord métallique mise en place avec un investissement greenfield (de zéro) dans la ville de Zalau. Le groupe produit en Roumanie des différents types et marques d’enveloppes, commercialise des enveloppes neuves ou refaites à travers d’un réseau national de distribution et exporte des enveloppes et du cord métallique en Europe et en Amérique du Nord.

L’usine Silvania à Zalau produit des enveloppes pour les camions et des enveloppes industrielles, détenant à présent une capacité de 300.000 enveloppes. Mais le groupe Michelin vise pendant les mois à venir une augmentation de la capacité de production de cette usine jusqu’à 700.000 enveloppes. L’autre usine détenue par Michelin, celle située à Floresti, produit 2,5 millions d’enveloppes par an pour les automobiles et les camionnettes, et sa capacité est prévue d’atteindre les 5 millions.

La troisième usine détenue par le groupe, Romsteel Cord Zalau, atteindra la capacité maximale de 35.000 de tonnes de cord métallique jusqu’à l’année prochaine. Environ 75 % de la production Michelin en Roumanie est ensuite exportée. Le quota détenu par Michelin sur le marché roumain des enveloppes pour les automobiles et pour les camionnettes est d’environ 26 %, alors que sur le segment des enveloppes pour les camions se chiffre à 28 %, selon la compagnie.


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